Mois : janvier 2026

  • #Defendrojava

    Alors que la répression d’Ahmed al-Charaa contre le Rojava se met en place et que les populations du Nord-Est de la Syrie reprennent les armes contre un ennemi qu’elles combattaient déjà du temps de la guerre civile syrienne, nous avons une pensée toute particulières pour nos camarades anarchistes au sein des Forces Démocratiques Syriennes qui ont combattu Daesh et ses alliés.

    Que dire sur le Rojava qui n’ait pas déjà été dit ? Au milieu d’une guerre civile atroce, nous nous sommes parfois réjoui·es de voir le drapeau des YPG ou des YPJ flotter au nord-est de la Syrie et des tentatives d’expérience autogestionnaire se mettre en place par des comités et conseils. Certain·es d’entre nous ont financé, d’autres ont combattu, et tant sont morts au front. Cette lutte était un symbole. Celui de la lutte anticoloniale des kurdes face au nettoyage ethnique et à la répression. Celui de l’union arabo-kurde pour leur survie après des décennies de propagande raciste. Celui de la libération des peuples face au joug des dictatures. Celui de la lutte armée féministe et parfois queer. Celui de la renaissance des Brigades Internationales et de la solidarité militante. Celui de la lutte contre l’islamisme théocratique, fasciste et mortifère. Comme tout symbole, nous avons parfois idéalisé ce combat.

    Soyons clairs, nous sommes extrêmement critiques du PKK. Acteur essentiel de la lutte pour l’auto-détermination kurde, il n’en reste pas moins un mouvement autoritaire, léniniste et impérieux. Si la place du PKK dans la lutte contre l’impérialisme est indéniable, sa structure et certaines de ses actions vont à l’encontre même de nos valeurs et de nos idéaux anarchistes. Il est cependant inconcevable de voir ses membres se faire abattre par l’armée syrienne, les mercenaires turcs ou par l’État Islamique qui se renforce petit à petit dans la région. 

    Bien que largement en marge des autres acteurs de la guerre civile, bourreaux et génocidaires, les FDS ont aussi été épinglés par Amnesty International pour mauvais traitements des prisonnier·ères, exécutions sommaires, actes de torture et crimes de guerre de nombreuses exactions, et d’un autoritarisme qui s’éloignait des idées revendiquées. La fin annoncée de la guerre civile syrienne aurait pu permettre l’expérience d’un confédéralisme démocratique en temps de paix. Il n’en sera rien.

    De grands bouleversements ont eu lieu : une démocratie directe et locale inscrite dans la constitution, l’égalité des genres et l’émancipation des femmes dans tous les milieux de la société, un projet écologique et de reforestation bien qu’entâché par la vente d’hydrocarbures… Le Rojava a été une réelle révolution sociale face au régime al-Assad, à l’État Islamique, et à l’extrême majorité des régimes du monde. Imparfaite, son impact réel a marqué depuis sa création la Syrie, l’Asie Occidentale et le monde entier.

    Aujourd’hui, la Turquie d’Erdogan jubile. Après avoir bombardé les infrastructures civiles du Rojava et après avoir financé les pires milices pour lutter contre l’émergence d’un Kurdistan, l’État Turc participe activement à la répression en amalgamant des peuples entier sous la bannière du PKK afin de s’attaquer à l’ensemble des composantes sociales organisées de la société kurde.

    De plus en plus isolés internationalement, la fin du Rojava exposera tous ses peuples aux pires exactions. La protection des minorités offerte par Damas avait déjà été offerte aux Alahouites et aux Druzes mais al-Charaa, ancien émir du Front al-Nosra et d’Hayat Tahrir al-Sham(HTS), a laissé ces populations se faire massacrer par des hommes portant aujourd’hui le blason de la nouvelle Syrie.

    Beaucoup reprennent les armes. Le combat n’est pas fini, et si les lignes de front changent au fil du temps, les montagnes kurdes semblent immuables et la lutte qui les habitent semble éternelles. Toutes les dictatures font front contre le Kurdistan. L’Iran, actuellement en proie à une révolution populaire, écrase l’opposition kurde avec toute sa force. Fer de lance des mouvements militants qui ont bouleversés la république islamique, les kurdes se voient massacrés par le régime des mollahs, en Iran et en Irak. Notre soutien aux peuples kurdes de Turquie, d’Irak, d’Iran et de Syrie doit être réaffirmé aujourd’hui, demain, et tous les jours jusqu’à la chute des frontières balafrant la région du Kurdistan. Partout, nous devons aider à l’émergence de l’auto-détermination, de la lutte contre le colonialisme, de l’anarchie enfin réelle et libératrice. 

    Manifestons, organisons-nous, donnons. Pour celles et ceux qui tombent dans l’exil. Pour celles et ceux qui restent combattre. Pour celles et ceux dans les geôles du nouveau régime. Pour celles et ceux qui, aujourd’hui, n’auront aucun soutien des gouvernements de la coalition internationale.

    #DefendRojava

  • Vœux Acides

    En ce début de 2026, et après une année 2025 mouvementée, Acide vous souhaite une excellente année.

    Une bonne année à tous les opprimé·es, à toutes celles et ceux jeté-es dans la guerre et dans la famine.

    Nous pensons évidemment aux Vénézuélien·nes, troquant sans consentement une dictature par une autre, nouvelles victimes d’un impérialisme États-unien tout puissant et impuni.

    Nous n’oublions pas les Gazaoui·es et les Palestinien·n es, qui subissent depuis trois ans l’aboutissement de décennies de politique génocidaire israélienne. Les massacres continuent malgré le cessez-le-feu, et des centaines de morts s’accumulent sans sanction de la part des grandes puissances.

    Notre cœur va aussi aux Soudanais·es qui survivent entre la violence des FSR et celle des forces gouvernementales, dans la famine et l’effondrement des infrastructures. La bourgeoisie européenne de son côté n’offre, aux exilé·es survivant·es d’un périple mortel, que la criminalisation et l’emprisonnement.

    Ces vœux sont forcément incomplets, tant notre cœur est plein des camarades qui luttent. Des zapatistes du Chiapas aux anarchistes d’Ukraine, des antifascistes du Myanmar aux déserteur·euses en Israël, en Russie, de toutes ces guerres injustes.

    En France, nous souhaitons une bonne année aux marginaux, aux exclu·es, aux négligé·es, aux inadapté·es toujours stigmatisé·es par un État qui se militarise et ne tremble plus face à sa chute vers le fascisme.

    Bonne année aux travailleuses et aux travailleurs, qui s’épuisent toujours plus pour toujours moins. Bonne année à celles et ceux qui ne travaillent pas, par choix ou par impossibilité, marqué·es d’infamie par une bourgeoisie qui précarise et qui soumet.

    Bonne année à celles et ceux dépité·es face aux nombreux procès d’une classe politique toujours plus déconnectée, usurpant le bien public pour ses propres intérêts avant de se larmoyer sur l’atmosphère abjecte des prisons épouvantables qu’elle a elle-même créée et finit par ne jamais y aller.

    À Toulouse, bonne année aux camarades qui luttent contre l’A69, symbole écocidaire cautionné par l’État de la bétonisation pour une poignée de groupes industriels. Des écureuils dans les arbres aux collectifs dans les tribunaux, et à celleux qui battent le pavé, que cette année vous réussisse.

    En ce froid début d’année, nous pensons également aux personnes qui dorment dehors, victimes d’une bourgeoisie cupide pour qui la dignité et la survie d’autre qu’eux pèse peu face à leur enrichissement personnel.

    Très critiques envers la justice de classe, nous espérons au moins un peu rire en 2026 lors du procès de Moudenc. Nous lui souhaitons de passer un bien mauvais moment lors de son procès intenté par Anticor pour détournement de fonds publics et financement illicite de campagne électorale.

    2026 sera aussi l’année des pitreries avec les élections municipales. Nous aurons alors droit aux promesses de changement et aux injonctions habituelles de la part de familles politiques qui ont montré leur inefficacité à transformer le réel, de Lénine à Mao, du SPD à Chavez, de Siriza au PS.

    En révolutionnaires conséquent·es et pragmatiques, notre programme est clair :

    « Il n’est pas de sauveurs suprêmes, ni Dieu, ni César, ni Tribun, producteurs, sauvons-nous nous-mêmes. »

    Vous l’avez compris, en 2026 comme avant, nous nous tiendrons aux côtés de celleux qui luttent contre tous les systèmes injustes et celleux qui les subissent. À notre modeste échelle nous continuerons de nous organiser, de créer des liens avec d’autres orgas anarchistes et plein de chouettes idées.

    Parce que plus nous sommes, plus nous pourrons faire de choses : nous n’avons pas besoin de votre mobilisation mais d’organisation, rejoignez-nous.