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  • Reco’ culture et confiture #2

    Voici quelques recommandations d’oeuvres qui nous ont amusé, ému, impressionné, fasciné… pour construire un espace de joie et nous faire un peu respirer dans un monde oppressif. Notre GT Culture et Confiture espère que ça vous plaira. Fraise et mûre, partageons la culture en rouge et noir !

    Ma guerre d’Espagne à moi, Mika Etchebéhère, Libertalia, 2015

    Mika et son compagnon, révolutionnaires trotskystes sud américains, se sont installé.es en France puis en Espagne dans les années 30 pour se plonger dans les remous de la révolution. Lors du démarrage de la guerre civile espagnole en 36 (qui voit s’affronter un camps nationaliste franquiste et un camps regroupant des Républicains et révolutionnaires de gauche) leur histoire militante et leur engagement valent à son compagnon de commander la colonne de miliciens du POUM (Parti ouvrier d’unification marxiste, un parti marxiste oppositionnel c’est à dire des marxistes non staliniens). Mais il meurt dès le début du conflit, elle se retrouvera naturellement poussée par ses camarades à prendre le commandement. On va donc suivre la vie de cette colonne des premières batailles à l’été 36 jusqu’à l’intégration totale dans l’armée en 37.
    Mika va nous amener dans ces différents temps de la guerre par le prisme de son commandement qui est humain avant d’être militaire. Elle va revenir sur le fonctionnement interne de ces colonnes, le rapport aux défaites, les raisons de la résistance mais aussi la bureaucratisation et les persécutions que ces miliciens non staliniens vont subir. Son témoignage va nous faire vivre une guerre qui n’est pas un récit idéologique ou une histoire bataille mais qui est emplie de doutes et de confrontation à une révolution attendue mais qui rencontre difficultés et contradictions
    Et franchement ça fait plaisir de lire un témoignage féminin sur la guerre d’Espagne, mais aussi de quitter les plus grands groupes pour explorer le POUM minorité dans la minorité révolutionnaire.
    Bref une porte d’entrée qui induit que l’on ait déjà quelques références sur ce conflit, mais malgré tout un récit assez simple et accessible.

    Les Cavaliers de l’Apocadipse, Libon, 2018.

    On vous conseille les Cavaliers de l’Apocadispe, de l’excellent Libon. Hilarant pour tout le monde, chaque album (sauf le quatrième) est un recueil d’histoires courtes de 4 pages racontant les aventures de trois petits garçons voulant s’amuser le plus possible.
    Confrontés à un monde hostile (les profs tyranniques, les adultes compliqués et l’ennui général du monde des grands), ils vont tenter de se divertir par tous les moyens, quitte à faire des grosses bêtises.
    Les albums sont un concentré de légèreté, de naïveté, de bourges qui vont toujours trop loin et des conséquences parfois cataclysmiques de trois enfants insoucieux en recherche de sensations.
    Sans jamais faire d’humour noir ou graveleux (on souffle un peu du nez par contre sur les « tarés » et autres « fous »), Libon n’est pourtant jamais dans la retenue et frôle parfois l’absurde tout en prenant clairement parti pour le monde des enfants et, quand on le lit, on ne peut pas lui donner tort.